11.10.2018
JEAN-PIERRE
Ce qui entourait les inondations prenait toute mon énergie. C’est ça qui me stressait; ça prenait toute la place dans ma tête et j’arrivais pas à fonctionner comme d’habitude. J’étais pas capable de dormir, alors j’ai dû prendre des médicaments. À ce jour, j’arrive pas à comprendre pourquoi j’étais anxieux et pourquoi je dormais pas. Je me sentais pas moi-même, je sentais que j’avais perdu le contrôle. Y’avait rien de simple…chaque petite chose avec la ville ou le gouvernement, c’était une job à temps plein. Le deuxième cataclysme, ça a été de dealer avec le gouvernement pour se faire rembourser...on est encore là-dedans. Faut tout justifier, ça prend tellement d’énergie. C’est difficile de parler à quelqu’un parce que les agents à qui on doit s’adresser changent constamment. J’ai été en arrêt de travail pendant 2 mois. Je pensais être capable de retourner, mais j’étais ailleurs, j’étais incapable de me concentrer. J’étais même pas capable de conduire. Je sentais que je pouvais pas avoir une autre job en même temps. C’est pour ça que je suis retourné voir mon médecin qui m’a mis en arrêt de travail à nouveau. Je sais pas comment les gens seuls ont fait pour passer à travers les inondations du printemps 2017. Nous, on trouvait l’énergie pour se soutenir. C’était chacun son tour; la personne qui était moins down dans le couple prenait le relais et on s’équilibrait. On a toujours été des gens très positifs, on fait confiance à la vie. C’est sûr que notre confiance en a pris un coup dans cette histoire-là… Y’avait quand même juste 1 chance sur 375 que ça arrive. Maintenant, ce qu’on se souhaite, c’est juste de pouvoir se reposer et profiter de notre retraite.