29.01.2020

MICHEL

J’ai grandi dans une maison où je baignais dans l’anxiété de mes parents. Ils n’ont jamais eu de diagnostic et ont gardé ça pour eux. À l’époque, c’était comme ça, on ne parlait pas de ces choses-là. Depuis quelques années, ma fille aussi fait son chemin avec une forme d’anxiété, et comme parent, ça m’interpelle. Quelle est ma place dans la santé mentale de mes proches? Si être un bon parent, une amie, un frère, une conjointe ou une patronne ne s’apprend pas dans les livres, personne ne sait non plus vraiment comment agir lorsqu’un problème de santé mentale frappe. Et pourtant, pour la personne qui le vit, l’entourage peut faire toute la différence. 

De mon côté, c'est le sport qui m’a le plus aidé à gérer mon anxiété. J’ai consulté aussi. Un support psychologique peut faire toute la différence! Et surtout, ne pas avoir peur d’en parler à son entourage, sa famille, ses amis, ses enfants. Demander de l’aide, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe de force. Sachant que c’est génétique, ma conjointe et moi, on essaie d’adoucir les choses pour notre fille qui montre aussi des traits anxieux. Ils sont brillants nos enfants. Ils sentent notre anxiété et ils se demandent si c’est leur faute. C’est tu moi ou c’est pas moi? On en parle beaucoup ensemble à la maison. Ce n'est aucunement tabou chez nous. Ma fille verbalise les choses. Je lui réponds : ‘‘j’te comprends, à ton âge, je vivais la même affaire, mais j'avais pas d’outils’’… Aujourd’hui, j’ai des outils qui me sont utiles quand j’en ai besoin. Et je suis content que ma fille puisse avoir ces outils-là le plus tôt possible et qu’elle s’en serve. C’est un bagage qui va la suivre toute sa vie.

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