18.08.2020

CHARLES-ALBERT

J’ai eu un diagnostic de trouble bipolaire au début de ma vingtaine, après des épisodes dépressifs et d’hypomanie. Ça a été difficile au niveau identitaire d’intérioriser ça. Ça faisait six ans que je prenais de la médication quand ma psychologue m’a suggéré de me faire évaluer pour un possible TDAH. Le psychiatre m’a dit que je n’avais ni TDAH, ni trouble bipolaire, mais plutôt un trouble anxieux. On m’a alors permis d’arrêter ma médication. 

Un peu plus tard, je suis tombé, graduellement, en hypomanie, pour ensuite retomber en dépression quelques mois après. Je vivais aussi une phobie sociale. J’ai commencé à avoir des idées suicidaires et j’ai lâché ma job à l’université en science politique. Après l’arrêt de ma médication, j’ai essayé plein de molécules qui ne fonctionnaient pas. On m’a finalement redonné la molécule initiale et en une semaine, ça allait mieux! Ça confirmait que j’étais bel et bien bipolaire. J’avais retrouvé ma confiance et mon assurance. Par la suite, je me suis dit que j’allais m’impliquer en santé mentale pour le reste de ma vie. J’étais fâché que la maladie m’ait fait perdre du temps. 

L’année suivante, après avoir étudié en sommellerie, où je n’étais pas heureux, j’ai été embauché comme assistant de recherche en santé mentale au Douglas, puis plus tard au CHUM. Je capote, je me pince tous les jours! J’ai aussi un côté militant, j’ai envie de changer les choses. J’ai entre autres, en 2016, marché de Montréal à Québec pour le remboursement de la psychothérapie. Je me sens à ma place. Avant, c’est comme si je sentais que je ne m’étais jamais épanoui dans mes occupations. Et là, tous mes espoirs de m’accomplir professionnellement se sont exaucés. La maladie, c’est la pire et la meilleure chose qui me soit arrivé. C’est important d’avoir quelqu’un de confiance et c’est légitime de réfléchir à qui on va se confier. Quand je souffrais, j’avais toujours un moment dans la journée où c’était moins pire. Je me disais, autant c’est difficile, autant c’est inéluctable, il va y avoir des moments où ça va mieux aller. Ça peut toujours aller mieux.

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