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Témoignages

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03.10.2019

Stéphanie

Stephanie Blain

En juin 2018, je suis tombée enceinte. J’ai eu un beau début de grossesse, mais après trois mois, j’ai commencé à avoir des pertes anormales… je me suis tout de suite rendue à Ste-Justine. C’est là que j’ai su que le cœur de mon bébé s’était arrêté. Je suis tombée en mode survie en minimisant moi-même ce qui m’était arrivé. Je me disais : ‘’c’pa grave, c’était pas le bon timing’’, le genre de phrases qu’on entend tout le temps. Je me suis isolée là-dedans et j’ai vécu de la culpabilité et de la honte. Je me rappelle avoir dit à mon médecin que je pleurais comme si quelqu’un était mort. Elle m’a répondu que c’était normal… parce que quelqu’un était bel et bien mort…C’est là que j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de tabous autour des fausses couches et qu’on avait tendance à banaliser ça.

Deux mois plus tard, je suis retombée enceinte sans l’avoir cherché. Ça a été très difficile, mais j’ai choisi de me faire avorter, pas parce que je ne voulais plus d’enfant, mais parce que je ne me sentais pas encore assez stable émotionnellement. Je ne voulais pas que cette grossesse soit un plaster qui allait couvrir la blessure que j’avais déjà…celle d’avoir perdu mon premier enfant. Après l’avortement, tout ce que j’avais vécu m’a rattrapée et je suis tombée vraiment bas au point où j’ai dû prendre un arrêt de travail. J’ai commencé à prendre soin de moi de différentes façons… en voyant un psy, en faisant du yoga et par des soins énergétiques. J’ai surtout commencé à me donner le droit de ressentir mes émotions. J’ai appris à vivre les choses au fur et à mesure qu’elles se présentent et à ne pas les mettre dans un petit tiroir. Je me suis autorisée à vivre ma peine.

J’avais envie de partager mon histoire pour dire aux femmes qui font une fausse couche que c’est correct de se sentir perdue et triste…qu’une fausse couche peut être vécue comme un vrai deuil. Ça crée un vide immense, même si l’enfant n’est pas encore né. Les épreuves de la dernière année m’ont transformée comme personne. J’ai une meilleure connaissance de moi et je me sens beaucoup plus enracinée qu’avant. Cette année, j’ai réalisé que la vulnérabilité était une grande force…

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