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Témoignages

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08.10.2020

Sonia

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Ce témoignage a été réalisé en collaboration avec la Société québécoise de la schizophrénie(SQS). Le mandat de l’organisme est d’offrir de l’aide, de l’information, du soutien, des ressources et de l’accompagnement aux personnes atteintes et aux proches des personnes atteintes de schizophrénie ou de psychoses apparentées : https://www.schizophrenie.qc.ca/fr/

J’ai eu un diagnostic de schizophrénie à 18 ans. Dès l’âge de cinq ans, j’avais des phobies très intenses. J’avais peur que les objets bougent ou qu’ils m’attaquent. C’est aussi à cet âge-là que j’ai eu mes premières pensées suicidaires. Au secondaire, j’avais des hallucinations visuelles et auditives, comme voir des gens mourir ou se faire frapper par une voiture. J’essayais de le cacher parce que j’avais peur de me faire enfermer, c’est ce qu’on voyait dans les films...La solitude face à ce que je vivais, c’était vraiment le plus difficile. Mon médecin de famille m’a fait commencer les antidépresseurs. Ça ne fonctionnait pas bien pour moi et elle ne faisait qu’augmenter ma dose. Je ne me sentais pas écoutée. J’ai fait une tentative de suicide pendant cette période-là.

À 18 ans, j’ai décidé d’arrêter la médication. J’ai vécu toutes sortes de nouveaux stress et j'ai recommencé à faire plus de crises. Je faisais des psychoses paranoïaques, où je m’imaginais que tout le monde était contre moi, puis des psychoses catatoniques, c’est-à-dire que je perdais le contrôle de mon corps, j’étais déconnectée. Je me suis un jour retrouvée en crise à l'hôpital. On m'a renvoyée chez moi en me disant que j'étais sur une liste d'attente. Ça a pris des mois avant qu'on me rappelle. Après une mauvaise expérience avec une psychiatre, j’ai finalement trouvé un nouveau médecin de famille, un miracle qui s’est présenté sur ma route. C’est la personne qui m’écoute et avec qui ça marche. On y est allé graduellement avec la médication et j’ai éliminé des choses qui me stressaient dans ma vie. Quand ça a commencé à aller mieux, je me suis mise à avoir plus de projets. J’ai pu rentrer à l’université en philosophie. J'ai écrit une dissertation sur comment on perçoit les personnes psychiatrisées comme étant des personnes irrationnelles.

Aujourd’hui, je suis en train de faire un mémoire de maîtrise sur les injustices en psychiatrie. J’aimerais en faire une conférence accessible au grand public et aux professionnels de la santé. Ça fait 10 ans que ma vie est plus stable. Le jour de mes 30 ans, je me suis regardée dans le miroir en me disant que je n'aurais jamais pensé me rendre là…

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  • 24.10.2020

    Bonjour Sonia, 
    Merci infiniment d’avoir partager ton histoire. Je te trouve très courageuse, forte et d’une ténacité admirable. Éducation, d’en parler plus est la clé pour aider tous ceux ayant ceci. Continue t’as bonne voix. 
    Jeannette B. 

  • 24.10.2020

    Bonjour Sonia, je suis professeure en psychologie et santé mentale à la TÉLUQ et je travaille sur un nouveau cours sur le rétablissement après un diagnostic de schizophrénie. Je trouve important d'y inclure des témoignages de vraies personnes qui expliquent leur point de vue pour donner du sens aux concepts théoriques présentés. Serais-tu intéressée à collaborer à ce cours par le témoignage de ton expérience (courtes vidéos de quelques minutes)? Je trouve ton expérience vraiment inspirante et je crois que ce serait important que les personnes qui suivent le cours y aient accès. Si cela t'intéresse, je t'invite à me contacter: suzie.bond@teluq.ca
    Cordialement,
    Suzie Bond 

  • 14.10.2020

    Merci pour ton témoignage, tu es une inspiration.  Continue ton bon travail.