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Témoignages

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12.09.2019

Jean-Mathieu

Jean Mathieu

Il y a plusieurs années, j’étais grandement impliqué dans les forums jeunesse pour favoriser la participation citoyenne des jeunes adultes. En 2015, on s’est fait couper tout notre financement, même si on avait tout fait pour prouver l’importance de nos projets. Suite à ça, j’ai vécu du découragement et un sentiment de perte de sens, mais j’ai pas réalisé tout de suite l’ampleur de l’impact que ça avait sur moi. À force de parler avec ma copine de l’époque, j’ai décidé d’aller consulter une psychologue, même si j’étais réticent au départ. Ça me faisait du bien, mais j’étais comme dans une montagne russe où chaque chose négative me faisait facilement retomber…c’était épuisant. C’est là que j’ai eu un diagnostic de dépression et que j’ai décidé de prendre un arrêt de travail de trois mois. J’ai réalisé que j’avais trop attendu.

Pendant le premier mois de l’arrêt de travail, j’ai eu pour la première fois des pensées suicidaires. Avant, j’avais de la difficulté à comprendre comment quelqu’un pouvait se rendre là, mais en le vivant, j’ai développé une plus grande sensibilité et compréhension de ce que d’autres pouvaient ressentir… Ça a nourri mon empathie et c’est définitivement une richesse que la dépression m’a amenée. Ce que j’ai trouvé vraiment difficile, ça a été de vivre une dépression tout en devant gérer mon TDAH. J’ai le diagnostic depuis mes 4 ans, mais avec des stratégies pour compenser, j’avais jamais eu à prendre de médication. Avec la dépression, cette tempête d’idées, qui était super créative, est devenue une tempête d’idées négatives que j’étais pas capable de gérer… je sentais que je me faisais avaler. C’était trop. J’ai décidé d’essayer la médication pour le TDAH et ça a été incroyable comme changement.

Ce qui m’a aussi beaucoup aidé, ça a été d’en parler. Dans mon cercle d’amis, j’ai commencé à montrer une plus grande vulnérabilité et ça a eu un effet d’entrainement super positif. C’est pas qu’on était macho dans notre gang – on est quand même des gars sensibles – mais concernant la santé mentale, on avait nos propres tabous et je sens qu’ils ont commencé à tomber. Aujourd’hui, je suis à des années-lumière du Jean-Mathieu qui était en arrêt de travail. Je vais beaucoup mieux, je continue à travailler sur moi et j’essaye d’aider à ma façon d’autres personnes qui traversent des passes similaires.

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  • 29.10.2019

    Merci pour ton témoignage