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Témoignages

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23.01.2020

Pierre

Pierre

Pierre : « Je viens d’un milieu défavorisé et j’ai vécu des rêves brisés, de la violence physique et de la violence verbale plus jeune. À l’adolescence, j’ai commencé à vivre une vie plus effrénée et je suis tombé dans l’alcool et les drogues. Je vivais à ce rythme-là parce que j’avais besoin de fuir ce que je vivais à l’intérieur de moi… la douleur, la rage. Je n’avais aucune estime de moi et je vivais beaucoup de colère. La seule façon d’étouffer cette colère-là, c’était l’alcool. Ça a continué une fois adulte. Dans la trentaine, j’ai été victime de trois vols à main armée au travail et durant le dernier, j’ai été pris en otage. On m’a mis une arme à feu dans les côtes.

Après cet événement-là, j’ai été quelques mois en arrêt de travail. J’ai vu un psychologue pour que je sois capable de fonctionner, mais j’ai seulement fait un travail de surface. C’était tabou de ne pas bien aller, on ne parlait pas de nos émotions, on se fermait la gueule. C’est dans cette période que j’ai fait une tentative de suicide. Au moment où j’ai réalisé ce que j’étais en train de faire, je me suis assis et j’ai pleuré. J’ai par la suite été plusieurs années en dépression et j’ai dû prendre des médicaments. Quand mon deuxième fils est venu au monde, j’ai réalisé que je devais régler mes affaires et que j’avais des choses à travailler…j’avais recommencé à boire. J’ai commencé à voir une psychologue qui m’a suivi pendant 10 ans. C’est le temps qui a été nécessaire pour me reconstruire, guérir l’enfant en moi, reconnaître mes forces et retrouver une estime de moi. J’ai tranquillement fait la paix avec tout ce qui c’était passé, incluant ma relation toxique avec mon père que j’ai revu après 30 ans d’ignorance et d’indifférence ...j’avais pu ce besoin-là de consommer autant et de noyer ma peine.

Ça a été un long processus, mais je peux dire aujourd’hui que c’est possible de s’en sortir… Maintenant, j’apprécie la vie et chaque petit moment. J’ai réalisé que j’étais chanceux d’avoir accepté de me faire aider, parce qu’il y a beaucoup d’hommes de ma génération qui ne sont pas capables de parler de leurs émotions. J’espère que les hommes qui vont me lire n’attendront pas... ».

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