07.03.2019
Mélissa
Il y a deux ans, je suis déménagée au BC parce que j’avais envie de commencer ma carrière d’enseignante là-bas. Mais les dernières années ont été les pires de ma vie. En plus de fausses accusations professionnelles qui ont gravement affecté ma santé mentale, j’ai été victime d’une agression quand je suis revenue passer les fêtes à Montréal. Je suis sortie dans un bar avec une amie et j’ai probablement été droguée…je me suis ramassée dans la voiture d’un inconnu... T’sais, frencher ça va, mais ça veut pas dire que tu veux plus… J’avais tellement pu le contrôle de mon corps. Je lui ai dit que je voulais pas aller plus loin, mais il m’a pas écouté. J’ai dit «Non» une première fois…y’a continué et j’ai dû redire «Non» une deuxième fois. À ce moment-là, y’a arrêté et je suis partie… J’ai été malade pendant plus de 24 heures. La journée d’après, j’en riais. Ça m’a pris 2 jours avant de comprendre ce qui s’était vraiment passé… Je me suis sentie coupable et je me suis dit : «J’aurais pas dû l’embrasser, j’aurais pas dû faire ci ou ça». J’ai compris le sentiment de culpabilité que ressentent beaucoup de femmes qui veulent pas faire des démarches pour dénoncer. Je me sentais dépourvue et tellement confuse. Finalement, je suis retournée au BC après les fêtes. Quelques mois plus tard, j’arrivais pu à dormir. J’avais développé une douleur chronique à la mâchoire...je pouvais même pu aller travailler. J’ai réalisé que c’était relié à l’agression. Ma mémoire des évènements est encore floue, mais ma mémoire cellulaire et physique est intacte. Ce que j’ai vraiment du mal à accepter, c’est que j’ai perdu quelque chose de moi cette soirée-là. On a pris quelque chose qui m’appartenait sans mon consentement…on me l’a arraché. J’ai eu de l’aide psychologique après cet évènement-là et j’ai réussi à en parler à mon entourage… En octobre, j’ai ressenti le besoin de retourner consulter, mais le service d’aide débordait et j’ai pu commencer à voir quelqu’un seulement en février...c’est fou. Heureusement, j’écris beaucoup et j’essaye de me reconnecter à mon côté artistique…j’ai compris que ça me prenait ça pour garder un équilibre mental. Les dernières années ont été difficiles, mais je sens que je me rapproche de moi-même…
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Le centre des femmes La Parolière à Sherbrooke
Voici une ressource qui a aidé Mélissa
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Je ne savais pas